Législatives 2017 : 26 professionnels de santé élus, Marisol Touraine recalée.

Ils partirent 45 pour ce second tour des élections législatives… Ce sont finalement 26 praticiens libéraux et hospitaliers qui entrent à l’Assemblée nationale dont 19 sous la porteuse bannière macroniste, sur fond de majorité présidentielle absolue (mais moins écrasante que prévu) et surtout d’abstention record.

À elle seule La République en marche (LREM) envoie 16 médecins dans l’hémicycle, soit de loin le plus gros contingent médical : les Drs Marc Delatte (généraliste, Aisne), Delphine Bagarry (généraliste, Alpes de Haute Provence), Jean-François Eliaou (immunologue, Hérault), Thomas Mesnier (urgentiste, Charente), Marie Tamarelle-Verhaeghe (généraliste, Eure), Jean-Pierre Pont (généraliste, Pas-de-Calais), Olivier Véran (neurologue, Isère), Jean-Louis Touraine (immunologue, Rhône), Stéphanie Rist (rhumatologue, Loiret), Michel Lauzzana (généraliste, Lot-et-Garonne), Martine Wonner (psychiatre, Bas-Rhin), Julien Borowczyk (généraliste, Loire), Michel Fanget (cardiologue, Puy-de-Dôme), Philippe Chalumeau (Indre-et-Loire). Chez les Français de l’étranger, les deux médecins LREM en lice sont aussi élus, les Drs Joachim Son-Forget et Anne Genetet.

Dans la majorité présidentielle toujours, l’allergologue Geneviève Darrieussecq est élue sous l’étiquette du MoDEM dans les Landes, de même que le psychiatre Brahim Hammouche en Moselle et l’ORL Cyrille Isaac-Sibille dans le Rhône.

Du côté des Républicains (LR), où 13 médecins étaient en ballottage, c’est la douche froide. Le Dr Sauveur Gandolfi-Scheit est battu en Haute-Corse, de même que le cardiologue Yannick Neuder dans l’Isère, le psychiatre Nicolas Dhuicq dans l’Aube, l’ORL Bruno Gattaz dans l’Isère ou le généraliste Pierre Morange dans les Yvelines. Le Dr Jean-Pierre Door s’en tire d’extrême justesse dans son fief du Loiret où il l’emporte avec huit voix d’avance ! Le médecin biologiste Jean-Jacques Gaultier sort lui aussi vainqueur dans les Vosges, tout comme le chirurgien Jean-Jacques Ferrara en Corse du Sud et Nadia Ramassamy à La Réunion.

Au Parti socialiste, laminé, le Dr Valérie Fourneyron est battue en Seine-Maritime et le Dr Ali Ramlati subit le même sort à Mayotte. Il n’y aura donc plus aucun député médecin socialiste, après l’hécatombe du premier tour ! En revanche, le généraliste divers gauche Christian Hutin est réélu dans le Nord.

Chez les écologistes enfin, le Dr Eric Alauzet (EELV) est reconduit dans le Doubs. Enfin, le généraliste régionaliste Paul-André Colombani sort vainqueur en Corse du Sud.

L’ex ministre de la Santé Marisol Touraine, qui avait gommé toute appartenance au PS, est battue malgré ses efforts soutenus pour s’afficher dans la majorité présidentielle.  À noter aussi l’élimination du frondeur de la Nièvre Christian Paul, un des ex-députés les plus aguerris sur les questions de santé et de protection sociale…

 

Source : le Quotidien du Médecin.

Chirurgie Dentaire : les syndicats reçus au ministère.

Alors que la colère des chirurgiens-dentistes n’est pas retombée depuis que l’ancienne ministre de la Santé a remplacé leur convention par un règlement arbitral, la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD) et l’UJCD ont rencontré le conseiller de la ministre de la Santé en charge des libéraux. Un « échange franc et direct » a permis aux syndicats de rappeler les raisons du conflit actuel avant d’en venir au fond du dossier : « le déséquilibre du financement des soins dentaires, les dérives qui en résultent… et l’ampleur du chantier nécessaire pour redonner une cohérence à l’activité des chirurgiens-dentistes, en privilégiant la pertinence et le juste soin. » Pour les syndicats, qui ont reçu une bonne écoute de la part du conseiller, la prochaine étape sera une rencontre directe avec la nouvelle ministre. Pour autant sont attendus des « signes tangibles de déblocage » pour envisager « une sortie de crise » et « un retour vers la table des négociations ».

Stress autour de la PACES et recul du Ministère.

Le tirage au sort à l’entrée à l’Université, instauré entre les deux tours de l’élection présidentielle, devait être appliqué en fin de semaine dernière en Île-de-France pour départager les 857 inscrits en trop.

La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) et le Syndicat des médecins libéraux (SML) ont vivement réagi. La CSMF « s’insurge contre cette méthode scandaleuse qui brise de nombreuses vocations de jeunes » et réclame « de revoir totalement le principe de la PACES, aussi bien dans son contenu pédagogique que dans son rôle de sélection ». Le syndicat juge « absolument nécessaire » une réflexion sur le numerus clausus. Le SML a dénoncé « une situation odieuse envers les jeunes et odieuse envers les filières de santé », estimant qu’à « l’heure où les pouvoirs publics semblent vouloir s’emparer des questions de désertification médicale », « il serait judicieux de ne pas dissuader les candidats aux études de médecine. »

Alors que la polémique enflait, la date toute proche des élections législatives aidant, le ministre de l’Enseignement supérieur a tenu, vendredi après-midi, une réunion d’urgence avec les présidents et les doyens des facs de médecine ainsi que les recteurs franciliens. À l’issue de cette réunion, il a annoncé qu’il y aurait de la place en septembre pour tous les candidats relevant du secteur géographique d’Île-de-France et ayant placé la première année de médecine en tête de leurs vœux d’orientation pour l’année prochaine. Comme quoi…

Agnès BUZYN ministre des Solidarités et de la Santé

Agnès BUZYN ministre des Solidarités et de la Santé

Après la passation de pouvoirs dimanche à l’Elysée entre François Hollande et Emmanuel Macron, et la désignation du député-maire du Havre, Edouard Philippe, au poste de Premier ministre, l’annonce de la composition du gouvernement, a été repoussée à ce mercredi. Après d’intenses spéculations, c’est finalement la présidente du collège de la HAS, Agnes BUZYN qui aura en charge la Santé. Elle a été nommée ministre des Solidarités et de la Santé.

Médecin, spécialiste en hématologie, immunologie et transplantation, Agnès Buzyn descend d’une grande famille de spécialistes en médecine. Elle est mariée à Yves Lévy, directeur général de l’Inserm. Parallèlement à ses activités de chercheuse et d’enseignante universitaire, Agnès Buzin, ex-présidente l’Institut national du cancer (INCa), elle a été membre du conseil médical et scientifique de l’Agence de biomédecine (2005-2008) et présidente du conseil scientifique de la Société française de greffe de moelle et de thérapie cellulaire (2008-2011). François Hollande l’avait nommée, en mars 2016, à la tête de la Haute Autorité de la Santé.