Décès de Simone Veil.

   L’ancienne ministre de la Santé Simone Veil, qui avait porté la loi légalisant l’avortement en 1974, est morvendredi matin, a annoncé à l’AFP son fils Jean Veil. « Ma mère est morte ce matin à son domicile. Elle allait avoir 90 ans le 13 juillet », a indiqué l’avocat.

Simone Veil était rescapée des camps de la mort, où elle avait été déportée à 16 ans, et incarnait pour les Français la mémoire de la Shoah. Elle symbolisait aussi la lutte des femmes pour conquérir le droit à l’avortement.

Européenne convaincue

« Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femme – je m’excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes », affirmait la ministre de la Santé, le 26 novembre 1974, devant une Assemblée hostile, alors qu’elle défendait sa loi dépénalisant l’IVG, finalement adoptée en 1975.

Simone Veil quittera le gouvernement en 1979. Élue députée européenne, elle sera la première femme nommée à la présidence du Parlement européen (1979 à 1982). L’Europe sera le deuxième grand défi de cette femme d’exception.

La feuille de route d’Agnès Buzyn précisée.

La ministre des Solidarités et de la Santé, reconduite dans le gouvernement Philippe 2, a remis sa feuille de route à Édouard Philippe en vue de la déclaration de politique générale, le 4 juillet. Elle confirme un certain nombre de promesses de campagne d’Emmanuel Macron. L’Ondam sera bien fixé à 2,3% sur la période 2018-2022 (soit une économie évaluée à 15 Mds €).

Le RSI, sera intégré dès 2018 au régime général via la création d’un guichet spécifique. Une refonte de la sécurité sociale étudiante est également prévue en confiant la gestion au régime général ou au régime d’origine de l’affilié. Le PLFSS 2018 se penchera sur ces deux réformes.

Les dépassements d’honoraires seront traités via les contrats responsables et les négociations conventionnelles. Mais pas de précisions sur les 3 offres types malgré un renforcement de la lisibilité des contrats. Concernant le « zéro RAC »sur l’optique, l’audio et le dentaire, Agnès Buzyn avance la définition d’un panier de soins indispensables à tarifs opposables, avec des plafonds et une redéfinition du partage AMO – AMC. Le tiers payant sera « généralisable » et non plus généralisé…

La prévention s’imposera bien comme une priorité à travers la mise en place d’une stratégie nationale de santé.

Enfin, sur la retraite un accord de méthode sera négocié d’ici le printemps prochain avec les organisations syndicales et patronales. Le régime universel de base promis sera mis en place progressivement, sans toucher à l’âge légal.

Après un quinquennat de défiance entre le ministère de la Santé et les syndicats de médecins, Agnès Buzyn souhaite établir « un dialogue constant et constructif avec l’ensemble des acteurs du système de santé avec les partenaires sociaux, avec les associations, (…) et avec les collectivités territoriales ».

 

Enquête sur l’antibiothérapie.

Jusqu’à la fin août, le Conseil National de l’Ordre invite tous les chirurgiens-dentistes à répondre à un questionnaire en ligne sur leur pratiques en termes de prescription d’antibiotiques.

Il s’agit d’une enquête nationale inédite visant à étudier les comportements de prescription d’antibiotiques dans la pratique bucco dentaire, comme l’explique Dominique Chave, membre du CNO, et présidente de la commission de la vigilance et des thérapeutiques dans les colonnes de l aLettre de l’Ordre du mois de juin.

Cette enquête est fondamentale dans la mesure où l’antibiorésistance constitue un grave problème de santé publique et une menace sanitaire mondiale. Il s’agit pour l’ONCD de dresser un premier portrait des perceptions, des attitudes et des pratiques des chirurgiens dentistes concernant les prescriptions d’antibiotiques et de la résistance bactérienne.

La médecine bucco-dentaire représente moins de 10% des prescriptions d’antibiotiques en france.

http://bit.ly/2qXj7Rw

Congé maternité unique pour toutes.

Le 1er juin, conformément à une promesse du candidat Macron, Marlène Shiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes, a annoncé la mise en place, peut-être avant l’été, d’un congé maternité uniformisé, quels que soient le statut ou la profession des femmes concernées.

Ces dernières devraient avoir selon la secrétaire d’Etat, un vrai congé maternité, bien rémunéré, aligné sur le régime le plus avantageux. Une harmonisation vers le haut, soit six semaines de congé prénatal et dix semaines de congé post natal pour un premier enfant, selon l’entourage de Marlène Shiappa, cité par l’AFP.

Le gouvernement travaille à l’élaboration d’un portail numérique unique, sur lequel les femmes pourraient déclarer leur congé maternité, le calcul de leurs indemnités se ferait lui automatiquement.

L’UNAPL s’est félicitée de cette mesure, puisque les femmes représentent 44% de l’effectif total des professionnels libéraux (60% chez les chirurgiens dentistes), et qu’au sein des entreprises libérales, 65% des emplois salariés sont occupés par des femmes.

Législatives 2017 : 26 professionnels de santé élus, Marisol Touraine recalée.

Ils partirent 45 pour ce second tour des élections législatives… Ce sont finalement 26 praticiens libéraux et hospitaliers qui entrent à l’Assemblée nationale dont 19 sous la porteuse bannière macroniste, sur fond de majorité présidentielle absolue (mais moins écrasante que prévu) et surtout d’abstention record.

À elle seule La République en marche (LREM) envoie 16 médecins dans l’hémicycle, soit de loin le plus gros contingent médical : les Drs Marc Delatte (généraliste, Aisne), Delphine Bagarry (généraliste, Alpes de Haute Provence), Jean-François Eliaou (immunologue, Hérault), Thomas Mesnier (urgentiste, Charente), Marie Tamarelle-Verhaeghe (généraliste, Eure), Jean-Pierre Pont (généraliste, Pas-de-Calais), Olivier Véran (neurologue, Isère), Jean-Louis Touraine (immunologue, Rhône), Stéphanie Rist (rhumatologue, Loiret), Michel Lauzzana (généraliste, Lot-et-Garonne), Martine Wonner (psychiatre, Bas-Rhin), Julien Borowczyk (généraliste, Loire), Michel Fanget (cardiologue, Puy-de-Dôme), Philippe Chalumeau (Indre-et-Loire). Chez les Français de l’étranger, les deux médecins LREM en lice sont aussi élus, les Drs Joachim Son-Forget et Anne Genetet.

Dans la majorité présidentielle toujours, l’allergologue Geneviève Darrieussecq est élue sous l’étiquette du MoDEM dans les Landes, de même que le psychiatre Brahim Hammouche en Moselle et l’ORL Cyrille Isaac-Sibille dans le Rhône.

Du côté des Républicains (LR), où 13 médecins étaient en ballottage, c’est la douche froide. Le Dr Sauveur Gandolfi-Scheit est battu en Haute-Corse, de même que le cardiologue Yannick Neuder dans l’Isère, le psychiatre Nicolas Dhuicq dans l’Aube, l’ORL Bruno Gattaz dans l’Isère ou le généraliste Pierre Morange dans les Yvelines. Le Dr Jean-Pierre Door s’en tire d’extrême justesse dans son fief du Loiret où il l’emporte avec huit voix d’avance ! Le médecin biologiste Jean-Jacques Gaultier sort lui aussi vainqueur dans les Vosges, tout comme le chirurgien Jean-Jacques Ferrara en Corse du Sud et Nadia Ramassamy à La Réunion.

Au Parti socialiste, laminé, le Dr Valérie Fourneyron est battue en Seine-Maritime et le Dr Ali Ramlati subit le même sort à Mayotte. Il n’y aura donc plus aucun député médecin socialiste, après l’hécatombe du premier tour ! En revanche, le généraliste divers gauche Christian Hutin est réélu dans le Nord.

Chez les écologistes enfin, le Dr Eric Alauzet (EELV) est reconduit dans le Doubs. Enfin, le généraliste régionaliste Paul-André Colombani sort vainqueur en Corse du Sud.

L’ex ministre de la Santé Marisol Touraine, qui avait gommé toute appartenance au PS, est battue malgré ses efforts soutenus pour s’afficher dans la majorité présidentielle.  À noter aussi l’élimination du frondeur de la Nièvre Christian Paul, un des ex-députés les plus aguerris sur les questions de santé et de protection sociale…

 

Source : le Quotidien du Médecin.

Chirurgie Dentaire : les syndicats reçus au ministère.

Alors que la colère des chirurgiens-dentistes n’est pas retombée depuis que l’ancienne ministre de la Santé a remplacé leur convention par un règlement arbitral, la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD) et l’UJCD ont rencontré le conseiller de la ministre de la Santé en charge des libéraux. Un « échange franc et direct » a permis aux syndicats de rappeler les raisons du conflit actuel avant d’en venir au fond du dossier : « le déséquilibre du financement des soins dentaires, les dérives qui en résultent… et l’ampleur du chantier nécessaire pour redonner une cohérence à l’activité des chirurgiens-dentistes, en privilégiant la pertinence et le juste soin. » Pour les syndicats, qui ont reçu une bonne écoute de la part du conseiller, la prochaine étape sera une rencontre directe avec la nouvelle ministre. Pour autant sont attendus des « signes tangibles de déblocage » pour envisager « une sortie de crise » et « un retour vers la table des négociations ».

Stress autour de la PACES et recul du Ministère.

Le tirage au sort à l’entrée à l’Université, instauré entre les deux tours de l’élection présidentielle, devait être appliqué en fin de semaine dernière en Île-de-France pour départager les 857 inscrits en trop.

La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) et le Syndicat des médecins libéraux (SML) ont vivement réagi. La CSMF « s’insurge contre cette méthode scandaleuse qui brise de nombreuses vocations de jeunes » et réclame « de revoir totalement le principe de la PACES, aussi bien dans son contenu pédagogique que dans son rôle de sélection ». Le syndicat juge « absolument nécessaire » une réflexion sur le numerus clausus. Le SML a dénoncé « une situation odieuse envers les jeunes et odieuse envers les filières de santé », estimant qu’à « l’heure où les pouvoirs publics semblent vouloir s’emparer des questions de désertification médicale », « il serait judicieux de ne pas dissuader les candidats aux études de médecine. »

Alors que la polémique enflait, la date toute proche des élections législatives aidant, le ministre de l’Enseignement supérieur a tenu, vendredi après-midi, une réunion d’urgence avec les présidents et les doyens des facs de médecine ainsi que les recteurs franciliens. À l’issue de cette réunion, il a annoncé qu’il y aurait de la place en septembre pour tous les candidats relevant du secteur géographique d’Île-de-France et ayant placé la première année de médecine en tête de leurs vœux d’orientation pour l’année prochaine. Comme quoi…